Je signalais dans un précédent billet la condamnation d'un mari pour avoir refusé qu'un gynécologue s'occupe de l'accouchement de l'épouse avec comme conséquences des atteintes neurologiques chez l'enfant du fait du retard pris pour l'accouchement.
Les violences se multiplient en effet dans les services hospitaliers que ce soit en France
"Il y a d’abord cette violence observée dans certains services de gynécologie obstétrique en région parisienne et dans plusieurs grandes villes. Des maris fondamentalistes refusent que leurs femmes soient examinées, soignées, accouchées par un homme. Ils l’exigent avec vigueur, quitte à mettre en danger leurs épouses et à s’en prendre physiquement au praticien en fonction.
Un incident violent s’est produit en septembre à la maternité de l’hôpital Robert-Debré, à Paris, où le professeur Jean-François Oury, appelé en urgence auprès d’une femme maghrébine sortant d’un accouchement difficile, s’est vu giflé par le mari au motif que l’islam interdisait à un autre homme de toucher sa femme.
Condamné à six mois de prison ferme le 24 janvier au tribunal correctionnel de Paris, l’intéressé, un jeune père de 23 ans nommé Fouad Ben Moussa, expliqua qu’il était " stressé " et qu’il s’agissait plus, à ses yeux, " d’une question de pudeur que de religion ". L’avocat du gynécologue frappé, Me Georges Holleaux, abonda dans ce sens : " La religion n’est qu’un mauvais prétexte à un comportement violent ", expliqua-t-il, ajoutant que, à ses yeux, " tout amalgame serait extrêmement dangereux ".
Il reste que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui regroupe la majorité des gynécologues français, a noté, depuis trois ou quatre ans, une multiplication d’incidents de nature à perturber l’organisation des maternités.
A Lyon, un chef de clinique du service du professeur Raudrant a été un jour menacé par un homme d’origine africaine armé d’un couteau, furieux qu’il ait examiné son épouse.
Près de Grenoble, un mari présent en salle de travail s’est opposé au docteur André Benbassa, directeur médical de la maternité Belledonne, venu aider à l’accouchement de sa femme, qui nécessitait des forceps.
A Roubaix, un mari a refusé que sa femme, dont le frottis révélait une anomalie, subisse une colposcopie (examen du col utérin), parce que le seul spécialiste, le docteur Yves Verhaegue, était un homme.
D’autres problèmes ont été signalés à Tours, Nice, Montreuil, Créteil, Bondy, Mulhouse, Versailles.
A Strasbourg, le professeur Israël Nisand se dit inquiet de l’augmentation de la " violence verbale " et des cas " d’incivilité, voire de délinquance prenant le prétexte de la religion ".
L’agression dont a été victime une assistante sociale de son service a ébranlé le personnel (Le Monde du 28 février 2006) et incité la direction de l’hôpital à installer des caméras. Deux Maghrébins avaient surgi dans le bureau de l’employée, la giflant, lui tapant la tête contre une table en criant : " Ça vous apprendra à vous occuper de nos femmes ! ", et la laissant dans le coma, après lui avoir arraché son tee-shirt et écrit " Mohamed " sur son ventre.
Un mari turc à qui la secrétaire du professeur expliquait qu’on ne pouvait garantir que sa femme serait examinée par un médecin femme l’a menacée : " On vous aura ! "
Un autre, dont la femme avait un oeil au beurre noir et des traces de brûlures de cigarette sur les bras, s’est emporté contre le praticien : " Je préfère que ma femme meure plutôt qu’un homme la voie ! "
Récemment, raconte encore le professeur Nisand, " j’ai été appelé d’urgence pour délivrer un certificat de virginité à une gamine de 11 ans ! Je me suis récrié ! Mais que de menaces et de coups de pied dans les portes ! "
L’accumulation de ces incidents a incité le CNGOF, en octobre 2006, à publier un communiqué alarmiste et à proclamer son souci de " défendre les femmes contre l’intégrisme musulman ".
" Les gynécologues-obstétriciens hommes devront-ils désormais être protégés par la police pour exercer leur métier ? (...) C’est inadmissible dans un pays laïque comme le nôtre, où l’hôpital, s’il permet la liberté de culte, n’a pas à plier son organisation aux pratiques religieuses quelles qu’elles soient. (...)
Nous le disons fermement, nous continuerons à avoir des services où les médecins hommes ou femmes apporteront les soins aux patients quel que soit leur sexe.
Nous défendrons la liberté des femmes à se déterminer sur la contraception, l’avortement, la stérilisation, sans l’avis de leur mari. (...) Il y a trente ans, les femmes musulmanes venaient dans nos hôpitaux sans l’appréhension d’être prises en charge par des médecins généralement hommes, et il n’y avait pas ces violences. Pourquoi cette régression ? "
Source :
En angleterre, afin de résoudre le problème des femmes musulmanes ne voulant pas être soignées par un médecin homme, a été autorisée l'utilisation d'une burqa chirurgicale (couleur verte quand même), y compris si besoin avec une grille sur le visage.
De plus des dérives au niveau des soignants sont constatées
Selon une enquête du très sérieux Daily Telegraph, de plus en plus de musulmanes travaillant comme médecins ou aide-soignantes refusent d'appliquer une des principales règles d'hygiène dans le contexte médical, qui veut qu'on se lave les mains et les poignets après chaque manipulation en remontant ses manches jusqu'au coude.
Selon une déclaration de l' Islamic Medical Association, les musulmanes ne devraient pas appliquer cette règle car cela reviendrait à dévoiler la chair de leur avant-bras (à la concupiscence masculine ??).
Dans plusieurs hôpitaux britanniques, des praticiennes musulmanes ont ouvertement refusé de respecter cette règle, alors que plusieurs experts soulignent la nécessité d'un respect strict, en particulier dans un contexte de forte persistance des infections nosocomiales
Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptée.
Certains hôpitaux craignent que l' application stricte des règles aboutisse à des actions en justice intentées par les musulmans pour discrimination, potentiellement ruineuses pour les établissements médicaux.
Cela n'a rien à voir avec une objection de conscience.
Il s'agit d'un comportement à risque inacceptable pour le système médical financé par le contribuable.
Ceux qui ne veulent pas respecter les règles édictées pour tous doivent partir.
En l'occurrence ces femmes devraient s'exiler en terre musulmane, où elles pourront vivre selon leurs préceptes. Il n'existe aucune raison de ménager des exceptions qui rendraient caduque la légitimité même de la règle, par définition.
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Aux Pays-Bas, c'est carrément la construction d'un hôpital uniquement réservé aux musulmans dont il est question
Des chambres distinctes sur demande pour les femmes et les hommes avec des médecins traitants du sexe correspondant. Du personnel formé aux besoins spécifiques des musulmans et arabophone autant que possible. De la nourriture halal, des salles de prière et des imams disponibles à toute heure de la journée...
S'il n'en tient qu'à Paul Sturkenboom, Rotterdam se dotera d'ici janvier 2009 d'un singulier hôpital privé destiné, en priorité, à l'importante communauté musulmane de la ville.
«À ma connaissance, ce sera le seul établissement hospitalier offrant des services pleinement adaptés aux musulmans à l'extérieur du monde musulman», souligne l'homme d'affaires, qui dit vouloir tirer profit du «trou existant dans le marché» des soins de santé.
L'idée fait des vagues dans la ville multiculturelle de 600 000 habitants, considérée comme un laboratoire d'intégration aux Pays-Bas. Particulièrement auprès des élus populistes du Leefbaar Rotterdam, qui parlent de «l'hôpital de l'apartheid».
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Pour répondre à ces violences et dérives, en France, le Haut conseil a rédigé une charte bâtie autour d'un préambule renvoyant aux grands principes constitutionnels de liberté de conscience et de laïcité, et de deux parties.
La première partie vise les agents publics.
Le devoir de "stricte neutralité", de "traitement égal de tous les individus" et de "respect de la liberté de conscience" est rappelé par l'article premier. "Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l'exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations", stipule l'article 2.
L'article 4 reconnaît le droit des agents à s'absenter pour participer à des cérémonies religieuses "dans des conditions compatibles avec les nécessités du fonctionnement normal du service public".
Les sept autres articles sont consacrés aux usagers.
"Les usagers des services publics ont le droit d'exprimer leurs convictions religieuses, dans les limites du respect de la neutralité du service public et du bon fonctionnement de celui-ci", dit ainsi l'article 6.
Les malades hospitalisés ou les détenus "doivent voir leurs croyances respectées et être mis en mesure de participer à l'exercice de leur culte, en particulier à l'occasion de la naissance, des fêtes religieuses et du décès", selon l'article 10.
Mais les usagers des services publics "doivent s'abstenir de toute forme de prosélytisme, notamment à l'occasion des cérémonies d'entrée dans la citoyenneté française" (article 7).
Un autre article dit ceci : 'Les usagers 'ne peuvent, à raison de leurs convictions, récuser un agent public ou d'autres usagers, ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public ou d'un équipement public''
Source :
J'ai trouvé cette information concernant les hôpitaux français : 'Une charte rappelle maintenant que l'on ne peut choisir son praticien en cas d'urgence. L'association des médecins musulmans français rappelle qu'«une soignante peut porter secours à un homme et vice versa, mais il est obligatoire qu'il y ait présence d'une tierce personne au moment de l'examen médical afin que les deux sexes opposés ne se trouvent pas en tête à tête sauf s'il y a urgence». La décision de la cour administrative de Lyon vient renforcer ces règles.
Au Québec aussi, les problèmes se multiplient mais l'approche est volontaire pour éviter ces dérives communautaristes.
Les médecins du Québec en ont ras le bol de la discrimination sur leur lieu de travail. Selon eux, l'égalité entre les sexes est de plus en plus menacée dans le monde médical à cause des demandes d'accommodements raisonnables faites par certaines communautés, et il est temps que ça cesse.
"Les manifestations discriminatoires se rencontrent nommément en obstétrique et gynécologie. Elles prennent plusieurs formes et sont devenues fréquentes dans certains établissements hospitaliers de Montréal", a écrit la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) dans un mémoire déposé devant la Commission des affaires sociales en février dernier.
Les médecins spécialistes ne veulent plus que les hôpitaux se plient aux exigences de certaines patientes qui refusent par exemple d'être accouchées par des gynécologues masculins. Dans une entrevue accordée à la revue l'Actualité médicale, la présidente de l'Association des obstétriciens-gynécologues du Québec, la Dre Diane Francoeur, affirme que de tels événements discriminatoires ne sont pas anecdotiques. "Ils sont
suffisamment fréquents pour que nos médecins aient décidé de réagir", a-t-elle dit.
Mauvais pour la patiente*
La Dre Francoeur parle du climat de pratique qui est souvent difficile en gynécologie. "Imaginez l'ambiance quand il faut négocier, souvent par mari interposé, avec la femme qui accouche! C'est la patiente qui finit par payer au bout du compte", dit-elle dans l'Actualité médicale.
Selon la FMSQ, "des pressions" sont présentement exercées sur les centres hospitaliers pour que des "listes parallèles de garde" assurant la présence en tout temps de médecins de sexe féminin soit créées.
La FMSQ s'oppose à de telles listes. "Le médecin ne peut faire de discrimination à l'égard d'un patient et il ne saurait être lui-même l'objet
de discrimination de la part d'un patient ou d'un tiers", ajoute la FMSQ. La Dre Francoeur est du même avis: "Faudra-t-il prévoir ensuite des listes de
garde selon des critères d'âge ou de religion? Ça n'a aucun bon sens!"
Au cours des derniers mois, l'hôpital St. Mary à Montréal a décidé d'agir pour régler les problèmes de discrimination envers les médecins. Situé dans le quartier Côte-des-Neiges, cet établissement soigne une clientèle multiculturelle.
"Chaque jour, on accouche des femmes dans une variété d'au moins 13 langues différentes. On a parfois recours à un traducteur", affirme la gestionnaire des programmes mère-enfant à St. Mary, Marie-France Brizzard.
Pour éviter de toujours s'empêtrer dans des débats d'accommodements raisonnables, l'hôpital a décidé de bien informer les futures mères de leur politique.
"Chez nous, c'est: vous serez soignée par le médecin de garde à ce moment-là, que ce soit une femme ou un homme", affirme la directrice du
service d'obstétrique-gynécologie de St. Mary, la Dre Isabelle Girard, dans le dernier numéro de l'Actualité médicale.
Cette tactique porte fruits.
Selon la Dre Girard, la discrimination selon le sexe "n'est plus qu'un rare problème" à St. Mary, car les dirigeants ont réglé les problèmes "grâce à de l'information claire et ouverte".
La FMSQ a déposé son mémoire dans le cadre des auditions publiques portant sur le projet de loi no 63, qui veut modifier la Charte des droits et
libertés de la personne. Dans son mémoire, la Fédération invite le gouvernement du Québec à adopter la loi 63 et à réaffirmer les principes d'égalité entre les hommes et les femmes.
Source
Il semble donc que la fermeté éclairée porte ses fruits.
En Belgique, la loi sur les Droits du patient stipule que le malade doit donner (ou refuser) son consentement éclairé avant des soins.
Une phrase comme celle du Québec : ""Chez nous, vous serez soignée par le médecin de garde à ce moment-là, que ce soit une femme ou un homme" pourrait faire partie du document remis au patient pour accord.
Et prévenir également que toute violence faite à l'encontre des soignants sera déclarée à la police.
On voit bien que c'est tout l'espace public, toute notre société qui sont visés par les intégristes : les écoles, les hôpitaux, les salles multisports, les piscines, ....