Calepin de Pierre

Esprit critique et doute rationnel comme filtre de lecture

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mercredi 13 août 2008

Décérébrés

On est dimanche matin, une jeune femme perd le contrôle de son véhicule et percute un enfant à vélo qu'elle tue sur le coup et envoie le père du gamin, en coma, à l'hôpital.

La décérébrée (comment dire autrement ??) avait plus de 2 g d'alcool par litre de sang, avait consommé du cannabis et envoyait un texto sur son portable en roulant. Elle n'avait pas non plus mis sa ceinture, un détail évidemment.

Pour ne pas être traité de sexiste, passons à la catégorie décérébré

C'est le père divorcé qui a la garde de son gamin pendant le mois d'août.

Il dépose le gamin pour la journée (et part au travail) dans un parc, avec une trottinette et un téléphone portable au cas où.

Un détail, le gamin a 5 ans.

Positivons : celui-ci a au moins eu la chance de ne pas être oublié, comme d'autres, à l'arrière d'une voiture pendant une journée, y perdant lentement mais sûrement leur courte vie.

vendredi 25 juillet 2008

Voile et tribunal

C'est l'histoire de Hagar, qui le 20 juin 2007, avait été priée, par la présidente de la chambre des mises en accusation de la Cour d'appel de Bruxelles, de se dévoiler ou de quitter le tribunal, au motif de l'article 759 du Code judiciaire qui stipule : "Celui qui assiste aux audiences se tient à découvert, dans le respect et le silence.

Hagar ne voulant pas enlever son voile (un simple voile qui laisse visible le visage) est donc sortie. Il aurait été compréhensible de voir une réaction du juge face à une femme enfermée dans une burqa et dont seuls les yeux sont visibles. L'avocat de la famille estime que Hagar n'a absolument pas manqué de respect à la Cour et fait remarquer que jusqu'à présent aucun magistrat ne s'est permis d'inviter, à ce jour une religieuse catholique en "voile", un juif portant la kippa ou un sikh portant son turban à enlever un de ces attributs. Il a donc introduit un pourvoi en Cassation

Certes la Cour de cassation a jugé son pourvoi "irrecevable" (pour un problème technique) mais elle a entendu la jeune femme pourtant voilée.

Il est vrai qu'on peut se demander pourquoi il existe des approches différentes quand des religieuses, des prêtres orthodoxes en vêtements sacerdotaux, un prêtre intégriste en soutane sont entendus sans que les tribunaux ne fassent appel à cet article 759.

Deux poids, deux mesures. Ce qui est accepté chez les uns doit l'être chez les autres, c'est le droit qui doit primer et un même respect pour tous.

D'autant qu'on trouve encore des crucifix géants dans certains tribunaux sans qu'on trouve cela anormal, même si des juges rendent la justice en dessous de ces crucifix considérés subtilement comme oeuvre d'art.

samedi 19 juillet 2008

Ecran noir

Un jour, mon écran restera noir.

Le ventilateur restera éteint, le souffle coupé. Clavier et souris seront silencieux. Finis les clacs et les clics. Clac-clic, clic-clac, la claque.

Un jour mon écran restera noir.

Sera-ce le processeur devenu obsolète, la mémoire vive qui défaillera, muée en mémoire morte ? Le disque dur usé aura-t-il égaré trop de fichiers, trop de fichiers système. Saurai-je seulement encore la différence entre 1 et 0 ?

Un jour mon écran restera noir.

Mes concepteurs ont laissé des failles, des malfaçons, pièces défectueuses d'une mécanique sophistiquée autant que fragile. Une pièce finira par lâcher, une faille, que trop d'usage du système aura fragilisé, ou sera exploitée par un virus.

Un jour mon écran restera noir.

Combien se rendront-ils compte de cet état ? Au détour d'un fil, peut-être une question, « Tiens on ne voit plus.. », constatera qu'un avatar ou un site a disparu du monde virtuel auquel je me connectais.

Un jour mon écran restera noir

Parce que mon système est conçu pour qu'un jour mon écran reste noir.

vendredi 18 juillet 2008

Des valeurs et des règles de conduite

Chaque religion a ses valeurs traduites en « commandements », en "mitzvot" ou « charia » que le croyant doit appliquer.

Et le croyant non en un dieu mais en la perfectibilité de l'homme, que fait-il lui ?

Il commence par s'imprégner de la Déclaration des droits de l'homme

Et puis, il peut se faire son propre code de conduite qui pourrait donner quelque chose comme :

  • exercer l'autonomie de la conscience
  • Appliquer la volonté de pratiquer la fraternité dans un esprit d'égalité, l'ouverture aux autres, l'écoute et la compréhension
  • vivre la tolérance qui permettra l'expression de toutes les opinions sincères et désintéressées
  • pratiquer la remise en question permanente, l'honnêteté avec soi-même, le libre examen, l'esprit critique, le rejet de tout dogme
  • pratiquer l'ouverture aux idées nouvelles, dans un esprit d'humanisme multi-culturel et universel
  • exprimer la foi dans le progrès et la perfectibilité de l'homme.
  • Vivre harmonieusement avec soi-même, les autres et son environnement
  • Trouver du plaisir dans sa vie sexuelle (dans la mesure où elle ne fait de tort à personne) et laisser les autres jouir de la leur en privé quels qu'en soient les penchants qui ne te regardent pas.
  • Ne pas exercer de discrimination et d'oppression fondées sur le sexe, la race, ou (autant que possible) l'espèce.
  • Ne pas endoctriner ses enfants. Leurs apprendre à penser par eux-mêmes, à évaluer les faits.
  • Apprécier l'avenir sur une échelle du temps plus grande que la nôtre

(les 4 derniers émanant de Richard Dawkins)

jeudi 17 juillet 2008

Pensées

À chaque pas la nuit tombe

Sur mes cheveux collés

Dans ces phares qui éclairent

Ma guitare mouillée

Même la mort

Est trempée

Je veux partir avant que vienne l'heure

Je quitterai ce monde qui se meurt

Je veux mourir avant longtemps

Loin de ce bruit loin de ces gens

Je n'ai pas eu le temps de vivre

Christophe (Les paradis perdus)

mercredi 16 juillet 2008

Hôpitaux et intégristes musulmans

Je signalais dans un précédent billet la condamnation d'un mari pour avoir refusé qu'un gynécologue s'occupe de l'accouchement de l'épouse avec comme conséquences des atteintes neurologiques chez l'enfant du fait du retard pris pour l'accouchement.

Les violences se multiplient en effet dans les services hospitaliers que ce soit en France

"Il y a d’abord cette violence observée dans certains services de gynécologie obstétrique en région parisienne et dans plusieurs grandes villes. Des maris fondamentalistes refusent que leurs femmes soient examinées, soignées, accouchées par un homme. Ils l’exigent avec vigueur, quitte à mettre en danger leurs épouses et à s’en prendre physiquement au praticien en fonction.

Un incident violent s’est produit en septembre à la maternité de l’hôpital Robert-Debré, à Paris, où le professeur Jean-François Oury, appelé en urgence auprès d’une femme maghrébine sortant d’un accouchement difficile, s’est vu giflé par le mari au motif que l’islam interdisait à un autre homme de toucher sa femme.

Condamné à six mois de prison ferme le 24 janvier au tribunal correctionnel de Paris, l’intéressé, un jeune père de 23 ans nommé Fouad Ben Moussa, expliqua qu’il était " stressé " et qu’il s’agissait plus, à ses yeux, " d’une question de pudeur que de religion ". L’avocat du gynécologue frappé, Me Georges Holleaux, abonda dans ce sens : " La religion n’est qu’un mauvais prétexte à un comportement violent ", expliqua-t-il, ajoutant que, à ses yeux, " tout amalgame serait extrêmement dangereux ".

Il reste que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui regroupe la majorité des gynécologues français, a noté, depuis trois ou quatre ans, une multiplication d’incidents de nature à perturber l’organisation des maternités.

A Lyon, un chef de clinique du service du professeur Raudrant a été un jour menacé par un homme d’origine africaine armé d’un couteau, furieux qu’il ait examiné son épouse.

Près de Grenoble, un mari présent en salle de travail s’est opposé au docteur André Benbassa, directeur médical de la maternité Belledonne, venu aider à l’accouchement de sa femme, qui nécessitait des forceps.

A Roubaix, un mari a refusé que sa femme, dont le frottis révélait une anomalie, subisse une colposcopie (examen du col utérin), parce que le seul spécialiste, le docteur Yves Verhaegue, était un homme.

D’autres problèmes ont été signalés à Tours, Nice, Montreuil, Créteil, Bondy, Mulhouse, Versailles.

A Strasbourg, le professeur Israël Nisand se dit inquiet de l’augmentation de la " violence verbale " et des cas " d’incivilité, voire de délinquance prenant le prétexte de la religion ".

L’agression dont a été victime une assistante sociale de son service a ébranlé le personnel (Le Monde du 28 février 2006) et incité la direction de l’hôpital à installer des caméras. Deux Maghrébins avaient surgi dans le bureau de l’employée, la giflant, lui tapant la tête contre une table en criant : " Ça vous apprendra à vous occuper de nos femmes ! ", et la laissant dans le coma, après lui avoir arraché son tee-shirt et écrit " Mohamed " sur son ventre.

Un mari turc à qui la secrétaire du professeur expliquait qu’on ne pouvait garantir que sa femme serait examinée par un médecin femme l’a menacée : " On vous aura ! "

Un autre, dont la femme avait un oeil au beurre noir et des traces de brûlures de cigarette sur les bras, s’est emporté contre le praticien : " Je préfère que ma femme meure plutôt qu’un homme la voie ! "

Récemment, raconte encore le professeur Nisand, " j’ai été appelé d’urgence pour délivrer un certificat de virginité à une gamine de 11 ans ! Je me suis récrié ! Mais que de menaces et de coups de pied dans les portes ! "

L’accumulation de ces incidents a incité le CNGOF, en octobre 2006, à publier un communiqué alarmiste et à proclamer son souci de " défendre les femmes contre l’intégrisme musulman ".

" Les gynécologues-obstétriciens hommes devront-ils désormais être protégés par la police pour exercer leur métier ? (...) C’est inadmissible dans un pays laïque comme le nôtre, où l’hôpital, s’il permet la liberté de culte, n’a pas à plier son organisation aux pratiques religieuses quelles qu’elles soient. (...)

Nous le disons fermement, nous continuerons à avoir des services où les médecins hommes ou femmes apporteront les soins aux patients quel que soit leur sexe.

Nous défendrons la liberté des femmes à se déterminer sur la contraception, l’avortement, la stérilisation, sans l’avis de leur mari. (...) Il y a trente ans, les femmes musulmanes venaient dans nos hôpitaux sans l’appréhension d’être prises en charge par des médecins généralement hommes, et il n’y avait pas ces violences. Pourquoi cette régression ? "

Source :

En angleterre, afin de résoudre le problème des femmes musulmanes ne voulant pas être soignées par un médecin homme, a été autorisée l'utilisation d'une burqa chirurgicale (couleur verte quand même), y compris si besoin avec une grille sur le visage.

De plus des dérives au niveau des soignants sont constatées

Selon une enquête du très sérieux Daily Telegraph, de plus en plus de musulmanes travaillant comme médecins ou aide-soignantes refusent d'appliquer une des principales règles d'hygiène dans le contexte médical, qui veut qu'on se lave les mains et les poignets après chaque manipulation en remontant ses manches jusqu'au coude.

Selon une déclaration de l' Islamic Medical Association, les musulmanes ne devraient pas appliquer cette règle car cela reviendrait à dévoiler la chair de leur avant-bras (à la concupiscence masculine ??).

Dans plusieurs hôpitaux britanniques, des praticiennes musulmanes ont ouvertement refusé de respecter cette règle, alors que plusieurs experts soulignent la nécessité d'un respect strict, en particulier dans un contexte de forte persistance des infections nosocomiales

Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptée.

Certains hôpitaux craignent que l' application stricte des règles aboutisse à des actions en justice intentées par les musulmans pour discrimination, potentiellement ruineuses pour les établissements médicaux.

Cela n'a rien à voir avec une objection de conscience.

Il s'agit d'un comportement à risque inacceptable pour le système médical financé par le contribuable.

Ceux qui ne veulent pas respecter les règles édictées pour tous doivent partir.

En l'occurrence ces femmes devraient s'exiler en terre musulmane, où elles pourront vivre selon leurs préceptes. Il n'existe aucune raison de ménager des exceptions qui rendraient caduque la légitimité même de la règle, par définition.

Source

Aux Pays-Bas, c'est carrément la construction d'un hôpital uniquement réservé aux musulmans dont il est question

Des chambres distinctes sur demande pour les femmes et les hommes avec des médecins traitants du sexe correspondant. Du personnel formé aux besoins spécifiques des musulmans et arabophone autant que possible. De la nourriture halal, des salles de prière et des imams disponibles à toute heure de la journée...

S'il n'en tient qu'à Paul Sturkenboom, Rotterdam se dotera d'ici janvier 2009 d'un singulier hôpital privé destiné, en priorité, à l'importante communauté musulmane de la ville.

«À ma connaissance, ce sera le seul établissement hospitalier offrant des services pleinement adaptés aux musulmans à l'extérieur du monde musulman», souligne l'homme d'affaires, qui dit vouloir tirer profit du «trou existant dans le marché» des soins de santé.

L'idée fait des vagues dans la ville multiculturelle de 600 000 habitants, considérée comme un laboratoire d'intégration aux Pays-Bas. Particulièrement auprès des élus populistes du Leefbaar Rotterdam, qui parlent de «l'hôpital de l'apartheid».

Source :

Pour répondre à ces violences et dérives, en France, le Haut conseil a rédigé une charte bâtie autour d'un préambule renvoyant aux grands principes constitutionnels de liberté de conscience et de laïcité, et de deux parties.

La première partie vise les agents publics.

Le devoir de "stricte neutralité", de "traitement égal de tous les individus" et de "respect de la liberté de conscience" est rappelé par l'article premier. "Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l'exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations", stipule l'article 2.

L'article 4 reconnaît le droit des agents à s'absenter pour participer à des cérémonies religieuses "dans des conditions compatibles avec les nécessités du fonctionnement normal du service public".

Les sept autres articles sont consacrés aux usagers.

"Les usagers des services publics ont le droit d'exprimer leurs convictions religieuses, dans les limites du respect de la neutralité du service public et du bon fonctionnement de celui-ci", dit ainsi l'article 6.

Les malades hospitalisés ou les détenus "doivent voir leurs croyances respectées et être mis en mesure de participer à l'exercice de leur culte, en particulier à l'occasion de la naissance, des fêtes religieuses et du décès", selon l'article 10.

Mais les usagers des services publics "doivent s'abstenir de toute forme de prosélytisme, notamment à l'occasion des cérémonies d'entrée dans la citoyenneté française" (article 7).

Un autre article dit ceci : 'Les usagers 'ne peuvent, à raison de leurs convictions, récuser un agent public ou d'autres usagers, ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public ou d'un équipement public''

Source :

J'ai trouvé cette information concernant les hôpitaux français : 'Une charte rappelle maintenant que l'on ne peut choisir son praticien en cas d'urgence. L'association des médecins musulmans français rappelle qu'«une soignante peut porter secours à un homme et vice versa, mais il est obligatoire qu'il y ait présence d'une tierce personne au moment de l'examen médical afin que les deux sexes opposés ne se trouvent pas en tête à tête sauf s'il y a urgence». La décision de la cour administrative de Lyon vient renforcer ces règles.

Au Québec aussi, les problèmes se multiplient mais l'approche est volontaire pour éviter ces dérives communautaristes.

Les médecins du Québec en ont ras le bol de la discrimination sur leur lieu de travail. Selon eux, l'égalité entre les sexes est de plus en plus menacée dans le monde médical à cause des demandes d'accommodements raisonnables faites par certaines communautés, et il est temps que ça cesse.

"Les manifestations discriminatoires se rencontrent nommément en obstétrique et gynécologie. Elles prennent plusieurs formes et sont devenues fréquentes dans certains établissements hospitaliers de Montréal", a écrit la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) dans un mémoire déposé devant la Commission des affaires sociales en février dernier.

Les médecins spécialistes ne veulent plus que les hôpitaux se plient aux exigences de certaines patientes qui refusent par exemple d'être accouchées par des gynécologues masculins. Dans une entrevue accordée à la revue l'Actualité médicale, la présidente de l'Association des obstétriciens-gynécologues du Québec, la Dre Diane Francoeur, affirme que de tels événements discriminatoires ne sont pas anecdotiques. "Ils sont suffisamment fréquents pour que nos médecins aient décidé de réagir", a-t-elle dit.

Mauvais pour la patiente*

La Dre Francoeur parle du climat de pratique qui est souvent difficile en gynécologie. "Imaginez l'ambiance quand il faut négocier, souvent par mari interposé, avec la femme qui accouche! C'est la patiente qui finit par payer au bout du compte", dit-elle dans l'Actualité médicale.

Selon la FMSQ, "des pressions" sont présentement exercées sur les centres hospitaliers pour que des "listes parallèles de garde" assurant la présence en tout temps de médecins de sexe féminin soit créées.

La FMSQ s'oppose à de telles listes. "Le médecin ne peut faire de discrimination à l'égard d'un patient et il ne saurait être lui-même l'objet de discrimination de la part d'un patient ou d'un tiers", ajoute la FMSQ. La Dre Francoeur est du même avis: "Faudra-t-il prévoir ensuite des listes de garde selon des critères d'âge ou de religion? Ça n'a aucun bon sens!"

Au cours des derniers mois, l'hôpital St. Mary à Montréal a décidé d'agir pour régler les problèmes de discrimination envers les médecins. Situé dans le quartier Côte-des-Neiges, cet établissement soigne une clientèle multiculturelle.

"Chaque jour, on accouche des femmes dans une variété d'au moins 13 langues différentes. On a parfois recours à un traducteur", affirme la gestionnaire des programmes mère-enfant à St. Mary, Marie-France Brizzard.

Pour éviter de toujours s'empêtrer dans des débats d'accommodements raisonnables, l'hôpital a décidé de bien informer les futures mères de leur politique.

"Chez nous, c'est: vous serez soignée par le médecin de garde à ce moment-là, que ce soit une femme ou un homme", affirme la directrice du service d'obstétrique-gynécologie de St. Mary, la Dre Isabelle Girard, dans le dernier numéro de l'Actualité médicale.

Cette tactique porte fruits. Selon la Dre Girard, la discrimination selon le sexe "n'est plus qu'un rare problème" à St. Mary, car les dirigeants ont réglé les problèmes "grâce à de l'information claire et ouverte".

La FMSQ a déposé son mémoire dans le cadre des auditions publiques portant sur le projet de loi no 63, qui veut modifier la Charte des droits et libertés de la personne. Dans son mémoire, la Fédération invite le gouvernement du Québec à adopter la loi 63 et à réaffirmer les principes d'égalité entre les hommes et les femmes.

Source

Il semble donc que la fermeté éclairée porte ses fruits.

En Belgique, la loi sur les Droits du patient stipule que le malade doit donner (ou refuser) son consentement éclairé avant des soins.

Une phrase comme celle du Québec : ""Chez nous, vous serez soignée par le médecin de garde à ce moment-là, que ce soit une femme ou un homme" pourrait faire partie du document remis au patient pour accord.

Et prévenir également que toute violence faite à l'encontre des soignants sera déclarée à la police.

On voit bien que c'est tout l'espace public, toute notre société qui sont visés par les intégristes : les écoles, les hôpitaux, les salles multisports, les piscines, ....

Viandeux

C'est Cléante dans LE SOIR du 16/07/2008 qui relève l'adjectif : viandeux

Si celui-ci s'emploie normalement pour désigner une bête bien fournie en viande, au Québec par contre viandeux,euse ou viandé,ée ; viandu,ue s'emploie aussi pour désigner une personne corpulente.

Classieux, n'est-il pas ?

mardi 15 juillet 2008

Hymen ou pas ?

Je relatais dans ce billet la démarche d'un époux qui s'estimait trompé sur la virginité de son épouse.

De plus en plus souvent des médecins sont confrontés à des demandes de certificats de virginité ou de reconstruction d'hymen.

Ces demandes sont le témoin du décalage entre le traditionnalisme de certains musulmans et l'européanisation de leurs enfants et donc de leurs filles.

Ces dernières restent toutefois soumises dans la cellule familiale au traditionnalisme générateur de discriminations sexuelles et de maltraitance morale, voire physique en cas de mutilations sexuelles.

Que ce soient des mutilations sexuelles, pénalement punissables chez des filles mineures ou des maltraitances morales comme l'exigence d'une virginité garantissant l' "honneur" d'une famille.

Comment appeler autrement que maltraitance et discrimination sexuelle cette ingérence dans la vie sexuelle des femmes c'est à dire dans leur vie privée ?

Depuis des années, médecins et infirmières ont appris à gérer avec souplesse la contraception par la pilule des adolescentes.

Par contre les demandes de certificat de virginité ou de reconstruction d'hymen sont plus récentes et posent encore des questions d'éthique. D'autant que la présence d'un hymen intact est considérée – abusivement – comme une garantie de la virginité.

Faut-il y accéder et avoir l'impression d'entrer ainsi dans le « jeu » des traditionnalistes ou les refuser sur base d'une ingérence inadmissible dans la sphère privée des femmes.

Si l'on considère ces demandes comme le signe d'une maltraitance et d'une discrimination, il n'y a pas à choisir, le corps médical se doit de se placer du côté de la victime, à fortiori s'il s'agit d'une adolescente toujours sous l'influence de son milieu familial.

De la même façon que les médecins interviennent pour soigner des femmes victimes de maltraitances physiques sans se préoccuper de la « religion » de l'auteur des coups et blessures.

Il faudra sans doute légiférer comme on l'a fait pour les autres maltraitances de mineurs, avec déclaration obligatoire des faits.

Il faut refuser le communautarisme, partir du principe que vouloir vivre en Belgique, c'est en accepter les valeurs démocratiques parmi lesquelles l'égalité homme/femme et considérer comme une maltraitance morale et une discrimination sexuelle cette exigence de virginité, qui peut également être le prélude d'un mariage forcé.

lundi 14 juillet 2008

Valeurs essentielles

Maître Eolas sur son blog traite de la décision du Conseil d'Etat portant sur le refus à l'acquisition par mariage de la nationalité française d'une femme d'origine marocaine.

Je vous laisse lire l'histoire et je retiens l'argument du Conseil d'Etat qui valide la décision de refus :

"(...)il ressort des pièces du dossier que, si Mme M… possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes ; qu'ainsi, elle ne remplit pas la condition d'assimilation posée par l'article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l'acquisition par mariage de la nationalité française de Mme M…. "

Source

Ce n'est donc pas le port de la burqa qui pose problème en l'espèce mais l'appartenance au salafisme, mouvement particulièrement traditionaliste.

Pour Maître Eolas, c'est donc bien :"le refus de vivre comme un être égal en droit aux hommes est ce qui, aux yeux du Conseil d'État, accessoirement dans une formation présidée par une femme, est incompatible avec la condition d'assimilation."

Il est bien que nos valeurs essentielles soient rappelées, encore et encore, pour lutter contre le communautarisme ambiant qui gangrène notre société.

dimanche 13 juillet 2008

Femmes voilées en Espagne

Madrid : La ministre espagnole de l'égalité, Bibiana Aido, a critiqué le port du voile par les femmes musulmanes, provoquant ainsi un début de remous chez les Musulmans d'Espagne.

"Dans notre pays, les hommes arabes ou musulmans portent des vêtements à l'occidentale parce que leur culture ne les oblige à porter aucun symbole, alors que les femmes doivent porter des vêtements longs et des voiles", a dit mercredi 25 juin la ministre espagnole.

La ministre, dont les premières déclarations publiques ont soulevé un tollé dans les secteurs conservateurs espagnols, a affirmé qu'on ne peut pas protéger et respecter toutes les pratiques culturelles, se disant opposée aux pratiques qui, selon elle, "portent atteinte aux droits humains", en allusion au port du voile par les femmes musulmanes.

Source

Intervenant lors d'une rencontre organisée par le Parti socialiste sur "le rôle des femmes dans l'Alliance des civilisation", Aido a pourtant reconnu que cette initiative, lancée par le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a pour objectif de "gérer la diversité culturelle".

En l'absence de statistiques officielles, certaines organisations non gouvernementales estiment à 1,5 million le nombre de Musulmans vivant en Espagne, dont plus de 800.000 Marocains.

C'est effectivement le grand défi : "gérer la diversité culturelle" en empêchant que nos valeurs démocratiques ne soient remises en cause.

samedi 12 juillet 2008

Meurtres d'amour

La loi française ne prévoit pas d'euthanasie active, ni de suicide assisté.

Et cela donne des situations épouvantables à vivre, à survivre serait sans doute plus proche de la réalité, ce qui explique qu'un jour plus lourd, un parent en arrive à tuer son enfant pour abréger les souffrances d"icelui.

Le NouvelObs a établi une liste de quelques affaires jugées

- Le 30 mai 2007 : la cour d'assises du Lot condamne à cinq ans de prison avec sursis Corinne Teyssedou, 34 ans, qui avait étouffé en octobre 2003 son fils Kevin, 4 ans, atteint dès sa naissance d'une maladie encéphalique l'ayant plongé dans un état végétatif complet.

- Le 24 octobre 2006 : Léonie Crevel, 80 ans, est condamnée à deux ans de prison avec sursis par la cour d'assises de Seine-Maritime pour avoir tué sa fille handicapée de 41 ans en juillet 2004. Handicapée à 100%, aveugle, hémiplégique et grabataire, Florence ne parlait plus depuis huit ans et enchaînait les douloureuses crises d'épilepsie.

- Le 15 mars 2003 : Brigitte Delvas est condamnée à 3 ans d'emprisonnement avec sursis par la cour d'assises de Seine-et-Marne pour la tentative de meurtre de son fils gravement handicapé à coups de couteau "pour abréger ses souffrances".

- Le 28 février 2001 : Anne Pasquiou, 39 ans, est condamnée à 3 mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir jeté en décembre 1998 son fils handicapé de 10 ans dans le port de Trédez-Locquemeau (Côtes-d'Armor). Elle déclare avoir été effrayée par son comportement et sa force.

- Le 20 septembre 2000 : Marie-Gisèle Frau, 59 ans, est condamnée à 5 ans d'emprisonnement dont 18 mois ferme pour le meurtre, d'un coup de couteau, de son fils de 35 ans, handicapé mental. Elle déclare que c'est un accident survenu au cours d'une dispute et qu'elle tentait de le frapper avec le manche du couteau.

- Le 27 août 2000 : Noëlle Tokatian, 71 ans, empoisonne son fils de 44 ans, handicapé mental à Lyon, avant d'aller se constituer prisonnière. Elle se déclarera soulagée d'avoir mis fin à ses souffrances et sera condamnée à 5 ans d'emprisonnement dont 2 avec sursis le 26 mars 2003.

- Le 11 avril 1997 : Une femme de 53 ans tue, avec des médicaments, son fils handicapé physique qu'elle ne "supportait plus de voir souffrir" et tente de se suicider à Lodève (Hérault). Elle sera condamnée à 5 ans d'emprisonnement avec sursis le 3 octobre 2000.

- Le 8 décembre 1994 : René Urvoas, 56 ans, dépressif, est acquitté par la cour d'assises du Finistère pour le meurtre de son fils, handicapé mental de 19 ans, qu'il a poignardé en décembre 1992 à Brest pendant son sommeil.

- Le 25 novembre 1988 : Georges Moreau, 66 ans, est condamné à 2 ans d'emprisonnement avec sursis par la cour d'assises de Paris pour le meurtre de son fils de 36 ans, né gravement handicapé. Cet ouvrier retraité avait promis à sa femme, avant le décès de celle-ci, de ne pas laisser son fils vivre après lui. Se sentant vieillir, il avait acheté spécialement un fusil, deux ans plus tôt.

Source

La majorité de ces "enfants" a quand même entre 35 et 44 ans..de souffrances.

Que de drames, et de grands pans de vie ensevelis dans des monceaux de non-vie !

vendredi 11 juillet 2008

Des mots bibliques

A plusieurs reprises, sur le blog de Teddy j'ai fait allusion à la dimension culturelle du phénomène religieux.

En effet celui-ci ne peut assurer sa pérennité que par une prise en main éducative la plus précoce possible.

C'est ainsi que l'histoire de la Bible (qui n'a rien d'historique d'ailleurs), les prières et autres gestes pieux sont inculqués dès la maternelle dans les écoles libres (ou religieuses).

Je faisais un jour le constat qu'il n'est pas facile pour un athée de se débarrasser de toutes les références religieuses que l'on retrouve dans le langage courant. A commencer par une expression comme "mon dieu" ou "seigneur" en cas de surprise douloureuse

Richard Dawkins dans son dernier livre "Pour en finir avec Dieu" en relève un certain nombre.

  • Soyez féconds et prolifiques
  • A l'est d'Eden
  • La côte d'Adam
  • Suis-je le gardien de mon frère ?
  • Vieux comme Mathusalem
  • Un plat de lentilles
  • Vendre son droit d'ainesse
  • L'échelle de Jacob
  • Les richesses de la terre
  • Tuer le veau gras
  • Etranger en terre étrangère
  • Le buisson ardent
  • Séparer le bon grain de l'ivraie
  • Oeil pour oeil, dent pour dent
  • Les étoiles dans leur course
  • La reine de Saba
  • La sagesse de Salomon
  • Vanité des vanités
  • Un jardin bien gardé
  • Une voix crie dans le désert
  • La croisée des chemins
  • Qui sème le vent récolte la tempête
  • Qui aime bien, châtie bien
  • Sodome et Gomorrhe
  • L'homme ne vivra pas seulement que de pain
  • Le sel de la terre
  • Tendre l'autre joue
  • Des pleurs et des grincements de dents
  • Secouer la poussière de ses pieds
  • Qui n'est pas avec moi est contre moi
  • Nul n'est prophète en son pays
  • Un signe des temps
  • Un repaire de voleurs
  • Opprimer les pauvres
  • Serviteur bon et loyal
  • Je m'en lave les mains
  • Laissez venir à moi les petits enfants
  • Le denier de la veuve
  • Les raisins de la colère
  • La brebis égarée
  • Le fils prodigue
  • Jeter la première pierre
  • Sceptique comme St Thomas
  • Il y a un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps
  • La racine du mal
  • l'alpha et l'omega
  • L'apocalypse
  • Quo vadis ?
  • A chaque jour suffit sa peine
  • Bien mal acquis ne profite jamais
  • Rien de nouveau sous le soleil
  • C'est au fruit qu'on connait l'arbre
  • Il y a un temps pour tout
  • Ce qui est écrit est écrit
  • Rendre à césar ce qui est à César
  • Le fruit défendu
  • La paille et la poutre
  • La veuve et l'orphelin
  • Boire le calice jusqu'à la lie
  • Treize à table
  • Un colosse au pieds d'argile
  • Une traversée du désert
  • Des vaches maigres
  • Une nuée de sauterelles
  • Un exode
  • Une jérémiade
  • Un bouc émissaire
  • Pleurer comme une Madeleine
  • Une pomme d'Adam
  • Une époque antédiluvienne
  • Qui va à la chasse perd sa place
  • Dire amen à tout
  • En tenue d'Eve/d'Adam
  • Ma foi, pourquoi pas ?

Amusant, non ?

jeudi 10 juillet 2008

De quelques probabilités dans nos croyances religieuses

Dans son excellent livre (Pour en finir avec Dieu), Richard Dawkins propose un spectre de probabilités de croyance en un dieu qui va du théisme pur et dur à l'athéisme pur et dur.

Pour lui, le problème n'est pas de déterminer si Dieu existe ou non (question qui relève de la foi), la question à laquelle il faut essayer de répondre c'est le pourcentage de probabilité de cette existence divine

  1. Théisme pur et dur : probabilité de Dieu à 100 %. "Je ne crois pas, je sais" C.G. Jung)
  2. Très forte probabilité mais pas à 100% : théisme de facto. "Je ne suis pas absolument certain, mais je crois fortement en Dieu et je mène mon existence en me fondant sur le présupposé qu'il existe"
  3. Probabilité à peine supérieure à 50% : remplit les critères de l'agnosticisme mais avec tendance au théisme. "Je suis très incertain, mais je suis enclin à croire en Dieu"
  4. Probabilité à 50% : agnosticisme totalement impartial. "L'existence de Dieu et sa non-existence sont exactement équiprobables"
  5. Probabilité à peine inférieure à 50% : remplit les critères de l'agnosticisme, mais avec une tendance à l'athéisme. "Je ne sais pas si Dieu existe, mais je suis enclin à être sceptique"
  6. Très faible probabilité mais qui n'atteint pas le zéro : athée de facto. "Je ne peux pas en être certain mais je pense que Dieu est très improbable et je mène mon existence en me fondant sur le présupposé qu'il n'existe pas "
  7. Athéisme pur et dur : "Je sais que Dieu n'existe pas, avec la même conviction que Jung quand il "sait" qu'il existe"

Comme dans la catégorie 1, occupée par de nombreux dévots, c'est dans la nature de la foi que l'on soit capable comme Jung de tenir à une croyance sans avoir une bonne raison pour y tenir.

Plus qu'à se déterminer...

mardi 8 juillet 2008

Alan Turing

Alan Turing était ce mathématicien anglais, qui peut prétendre être un des pères de l'ordinateur.

Pendant la guerre il était arrivé à décrypter les codes secrets allemands donnant ainsi de précieuses, voire décisives, informations aux Alliés.

Le test de Turing permettant de lutter contre les spams, c'est lui aussi.

Malgré son statut de "héros" de guerre, il n'avait qu'un tort, celui d'être homosexuel. Il fut persécuté, et condamné soit à 2 ans de prison, soit à subir un traitement hormonal (une castration chimique) .

En 1952, il décida de se suicider en mangeant une pomme dans laquelle il avait injecté du cyanure.

C'était un exemple de morale qu'inspire la foi religieuse. Il avait pourtant sauvé de nombreuses vies humaines et restait discret dans sa vie privée.

Ce qu'en dit Wikipedia

Dans la même veine de morale inspirée par la foi religieuse, une phrase du discours de Mère Teresa lorsqu'elle reçut le prix Nobel :

"Le plus grand destructeur de la paix est l'avortement" .

Une belle connerie qui s'inscrit dans un parcours "spécial". Voir l'article de Christopher Hitchens dans le Monde

Extrait choisi

"Des médecins britanniques et américains ont, par exemple, relevé le niveau très aléatoire des pratiques médicales dans les petites cliniques de Calcutta de Mère Teresa : pas d’antalgiques, des seringues lavées à l’eau froide, un régime alimentaire redoutable pour les patients et une attitude très fataliste à l’égard de la mort.

Cela ne s’explique pas par le manque d’argent. Les comptes de son ordre religieux (catholique), les Missionnaires de la charité, ne sont pas publics, mais chacun sait que d’énormes sommes ont été recueillies, qui suffiraient largement à assurer le fonctionnement d’une clinique convenable de Calcutta.

En revanche, Mère Teresa a évoqué sa fierté d’avoir ouvert 500 couvents dans 101 pays, « sans compter l’Inde ». L’argent offert par les donateurs pour soulager la souffrance des pauvres aurait-il alors été utilisé par la « multinationale missionnaire » pour faire du prosélytisme religieux ?

(...)l'objet de l'activité de Mère Teresa, qui n'a jamais cherché à dissimuler son soutien à une idéologie dogmatique, tient en effet davantage du fondamentalisme conservateur que de préoccupations humanitaires."

Deux exemples significatifs

lundi 7 juillet 2008

Mohammed Sifaoui

Le site de Riposte laïque dont le projet est un combat laïque et républicain qui s’accompagne d’un projet de progrès social, sans lequel le mot République demeurerait vide de sens.

Le site publie un article concernant la situation de Mohammed Sifaoui , journaliste dont la vie est menacée pour avoir défendu des valeurs laïques

Il me parait nécessaire à la lecture de cet article d'en assurer la plus grande diffusion possible

L’EDITO DE CYRANO

Peut-on s’être battu pour sauver Ingrid Betancourt, et abandonner Mohamed Sifaoui ?

vendredi 4 juillet 2008

Pendant que la France entière se réjouit de la libération d’Ingrid Betancourt, après un calvaire de plus de six longues années, que l’Etat français et médias déploient toutes leurs pompes pour l’accueillir, faire son panégyrique ou l’entourer, un autre drame, volontairement rejeté dans l’obscurité et le silence est en train de se nouer, au cœur de notre pays.

Un de nos meilleurs enfants, le journaliste Mohamed Sifaoui, se voit abandonné par le pouvoir en place, qui lui a supprimé, depuis plusieurs mois, la protection rapprochée dont il bénéficiait depuis plus de quatre ans.

Mohamed aime la France, la République, la laïcité, et, pour défendre ces valeurs, il combat sans relâche, ce qui lui a valu des menaces de mort suffisamment sérieuses pour que l’Etat français assure sa sécurité pendant 4 ans. Il combat ceux qui, en Algérie, ont assassiné par dizaines de milliers les progressistes et les féministes qui ne voulaient pas que la dictature de la charia s’impose à toute la société algérienne (1).

En France, il dénonce, encore et toujours, sans concession, les mêmes, qui, en adaptant leur discours aux réalités françaises, continuent le combat contre nos libertés et contre le droit des femmes (2).

C’est pourtant cet homme admirable de courage que le gouvernement français abandonne à la vindicte des assassins islamistes, en lui retirant depuis plusieurs mois toute protection policière. Le message a été immédiatement compris, puisqu’il a été victime, il y a quelques semaines, d’une agression physique très violente, en plein Paris, de la part d’un islamiste accompagné de plusieurs proches (3).

Il reçoit aujourd’hui des menaces de mort quotidiennes, sa vie et celle de sa famille est devenue un enfer, comme en témoigne le message qu’il vient d’envoyer à notre collaborateur Pierre Cassen.

"Je te remercie, cher Pierre, de ton soutien et de ton amitié. A vrai dire, je suis tellement déboussolé que je ne sais pas quoi te dire, je ne sais pas ce qu’il faut faire. La seule chose qui me reste à faire, j’y songe de plus en plus sérieusement, c’est de quitter la France. Je ne sais pas où vais-je aller, certainement pas dans un pays arabe mais cette situation n’est plus tenable.

J’observe, avec beaucoup de douleur, que plusieurs personnes, y compris celles que j’ai toujours soutenu, se moquent royalement de ce qui peut m’arriver. Je ne comprends pas comment l’on ne s’indigne pas, plus, lorsqu’un homme vivant sur le territoire de la République n’est plus libre de ses mouvements. Je ne sors pratiquement plus de chez moi. Je ne sors plus avec mes enfants dans la rue, au mois de mars dernier, j’ai été insulté en public en présence de mon fils qui depuis ne cesse de me poser des questions sur cet incident. Il va avoir six ans et il ne comprend pas la violence verbale et l’attitude agressive auxquelles il a assisté. Hier, j’ai fait évacuer mes enfants à l’étranger, ils reviendront à la rentrée.

J’ai remarqué la présence d’islamistes dans mon quartier. Je sais qu’ils ont repéré mon domicile. La police me dit qu’elle ne peut rien faire tant qu’il n’y a pas d’infraction. On me conseille de déménager.

Bref, je vois et j’observe des choses bizarres. Crois-le, je ne suis ni lâche ni peureux mais mon intuition ne m’a jamais trompé lorsqu’il s’agit de terrorisme. Je sens que des choses graves risquent de m’arriver. J’ai pris mes dispositions pour me défendre. J’ai juré de ne plus me laisser agresser.

Je pense que cette affaire se terminera, de toute façon, très mal pour moi. Ou on arrivera à me tuer ou à me nuire gravement, ou alors en me défendant je risque de tuer quelqu’un. En gros, je risque l’hôpital, le cimetière ou la prison. Dans les deux premiers cas, on dira, ce qu’on me dit déjà, "je l’ai bien cherché", dans le dernier cas, on me fera la leçon pour me dire "je n’avais pas à me défendre". Voilà ma situation cher Pierre, voilà la France d’aujourd’hui.

Amitié

Mohamed

PS : A ta place, je garderai précieusement ce message, il risque de se transformer en scoop (à titre posthume).

Pierre, bouleversé, nous a parlé de ce texte. Nous n’avons pas envie de garder ce message sous le coude, pour le ressortir quand il sera trop tard, c’est maintenant qu’il faut éviter l’irréparable !

Il faut certes se réjouir qu’une pétition commence à circuler pour mettre fin à ce scandale, et demander à ce qu’on le protège de nouveau (4). Notre camarade a le droit de pouvoir vivre sur notre territoire avec toutes les garanties de sécurité dues à un citoyen.

Certains, qui hier disaient à mi-mots que Robert Redeker avait bien cherché ce qui lui arrivait, oseront-ils dire que Mohamed Sifaoui n’a que ce qu’il mérite ?

Mesurent-ils ce que signifie, pour un homme marié père de quatre enfants, le fait de ne plus pouvoir sortir dans la rue sans se dire qu’il ne rentrera peut-être pas chez lui ?

Savent-ils ce que signifie le fait qu’un Mohamed a peur de se faire assassiner par un autre Mohamed ?

Sont-ils capables de mesurer le traumatisme que cela peut susciter chez ses propres enfants, témoins des insultes que peut subir dans les rues leur propre père ?

Peut-on accepter le calvaire quotidien que doit endurer un homme qui sait qu’il peut tomber à n’importe quel moment sous les coups de ceux qui ont juré sa perte et sa mort ?

La France n’a pas abandonné Ingrid Betancourt à son triste sort d’otage. Va-t-elle se déshonorer en livrant Mohamed Sifaoui à ceux qui rêvent de l’assassiner ?

Le gouvernement veut-il vraiment qu’il subisse le sort de Theo Van Gogh en Hollande ?

N’est-il pas temps, quand Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Robert Redeker, Mina Ahadi, Mohamed Sifaoui, risquent leur peau pour dire la vérité sur l’islam pour quelques-uns, sur les fascistes islamistes pour d’autres, que la France, mais aussi toute l’Europe, ouvre enfin les yeux ?

Qu’on arrête de se voiler la face sur la réalité de ce nouveau fascisme religieux du XXI° siècle qui menace sans contestation possible nos conquêtes laïques, progressistes et féministes ! Ce sont les meilleurs enfants des Lumières, issus de pays où le totalitarisme religieux enferme des populations entières dans les ténèbres de l’obscurantisme et de la dictature, qui risquent leur vie pour défendre la liberté de tous.

Va-t-on enfin avoir le courage de se défendre contre le péril qui grandit chaque jour, en France et dans toute l’Europe, et cesser de tenir des discours édulcorants qui font le jeu des fascistes ? Souhaitons-nous que Mohamed Sifaoui ait comme seule alternative de quitter la France, ou d’y être assassiné ?

Dans les deux cas, cela serait la honte de la République de n’avoir su ni le garder sur notre territoire, ni le protéger. S’il devait lui arriver malheur, nous serions inconsolables, mais nous demanderions des comptes à Nicolas Sarkozy et à tout son gouvernement.

(1) http://www.youtube.com/watch ?v=6udPiSM69ls&feature=related%22http://www.youtube.com/watch ?v=6udPiSM69ls&feature=related

(2) http://fr.youtube.com/watch ?v=wfIlm18PGKQ

(3) http://www.mohamed-sifaoui.com/article-20459573.html

(4) http://www.lapetition.com/sign1.cfm ?numero=1830

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