Un jour, mon écran restera noir.

Le ventilateur restera éteint, le souffle coupé. Clavier et souris seront silencieux. Finis les clacs et les clics. Clac-clic, clic-clac, la claque.

Un jour mon écran restera noir.

Sera-ce le processeur devenu obsolète, la mémoire vive qui défaillera, muée en mémoire morte ? Le disque dur usé aura-t-il égaré trop de fichiers, trop de fichiers système. Saurai-je seulement encore la différence entre 1 et 0 ?

Un jour mon écran restera noir.

Mes concepteurs ont laissé des failles, des malfaçons, pièces défectueuses d'une mécanique sophistiquée autant que fragile. Une pièce finira par lâcher, une faille, que trop d'usage du système aura fragilisé, ou sera exploitée par un virus.

Un jour mon écran restera noir.

Combien se rendront-ils compte de cet état ? Au détour d'un fil, peut-être une question, « Tiens on ne voit plus.. », constatera qu'un avatar ou un site a disparu du monde virtuel auquel je me connectais.

Un jour mon écran restera noir

Parce que mon système est conçu pour qu'un jour mon écran reste noir.