Hymen ou pas ?
Pierre Kubick mar 15 juil 2008, 18:44 Reflets
Je relatais dans ce billet la démarche d'un époux qui s'estimait trompé sur la virginité de son épouse.
De plus en plus souvent des médecins sont confrontés à des demandes de certificats de virginité ou de reconstruction d'hymen.
Ces demandes sont le témoin du décalage entre le traditionnalisme de certains musulmans et l'européanisation de leurs enfants et donc de leurs filles.
Ces dernières restent toutefois soumises dans la cellule familiale au traditionnalisme générateur de discriminations sexuelles et de maltraitance morale, voire physique en cas de mutilations sexuelles.
Que ce soient des mutilations sexuelles, pénalement punissables chez des filles mineures ou des maltraitances morales comme l'exigence d'une virginité garantissant l' "honneur" d'une famille.
Comment appeler autrement que maltraitance et discrimination sexuelle cette ingérence dans la vie sexuelle des femmes c'est à dire dans leur vie privée ?
Depuis des années, médecins et infirmières ont appris à gérer avec souplesse la contraception par la pilule des adolescentes.
Par contre les demandes de certificat de virginité ou de reconstruction d'hymen sont plus récentes et posent encore des questions d'éthique. D'autant que la présence d'un hymen intact est considérée – abusivement – comme une garantie de la virginité.
Faut-il y accéder et avoir l'impression d'entrer ainsi dans le « jeu » des traditionnalistes ou les refuser sur base d'une ingérence inadmissible dans la sphère privée des femmes.
Si l'on considère ces demandes comme le signe d'une maltraitance et d'une discrimination, il n'y a pas à choisir, le corps médical se doit de se placer du côté de la victime, à fortiori s'il s'agit d'une adolescente toujours sous l'influence de son milieu familial.
De la même façon que les médecins interviennent pour soigner des femmes victimes de maltraitances physiques sans se préoccuper de la « religion » de l'auteur des coups et blessures.
Il faudra sans doute légiférer comme on l'a fait pour les autres maltraitances de mineurs, avec déclaration obligatoire des faits.
Il faut refuser le communautarisme, partir du principe que vouloir vivre en Belgique, c'est en accepter les valeurs démocratiques parmi lesquelles l'égalité homme/femme et considérer comme une maltraitance morale et une discrimination sexuelle cette exigence de virginité, qui peut également être le prélude d'un mariage forcé.
