vendredi 4 juillet 2008
Ingrid Betancourt et théologie de la libération
Pierre Kubick ven 4 juil 2008, 09:31 Reflets
Libérée par l'armée colombienne grâce à une opération minutée et calibrée de haut vol., avec infiltration des FARC, bref du grand art, aucun coup de feu, propre et net d'après ce qu'on nous en dit.
Ingrid Betancourt, une fois libre a donc remercié tout le monde et particulièrement Dieu, pas rancunière d'avoir été oubliée par lui pendant 6 ans et 4 mois.
""Ma liberté est un miracle", dit Ingrid Betancourt. "Un miracle de Dieu, aidé par l'armée colombienne", précise le président Uribe. "C'est bien ça", conclut l'ex-otage.
Je ne sais pas si les références au divin citées pendant son discours sont "gratuites" ou si elles s'inscrivent dans une théologie de la révolution et de la libération présentes en Amérique Latine.
La théologie de la révolution est bien présente, que ce soit avec Correa en Equateur et qui a pour principes l’option pour les pauvres et le développement humain. Correa plaide en faveur d’une révolution citoyenne, consistant en un changement radical, profond et rapide du système politique, économique et social en vigueur.
Théologie de la révolution présente également au Venezuela avec H.Chavez.
Théologie présente également en Colombie où la guérilla paysanne est marquée par la théologie de la libération et la figure majeure que fut à ses débuts le père Camillo Torres, un religieux radical qui orienta le mouvement vers une dénonciation des inégalités sociales.
Fortement combattue par le Vatican et un certain Radzinger, alliés aux pouvoirs en place à l'époque pour lutter contre ce qui était tenu comme un risque de contamination de la foi par le marxisme.
Plus fondamentalement, ce qui a affaibli les luttes populaires liées à l’Eglise catholique fut la substitution des évêques progressistes, à l’heure de la retraite, par des conservateurs.
"Devenu pape, les critiques du Vatican se précisent lorsqu'en mars 2007, en prélude à un voyage pontifical au Brésil, la Congrégation pour la doctrine de la foi fait état de « notables divergences avec la doctrine de l'Église »3 à propos des écrits du jésuite Jon Sobrino, un proche de l'archevêque Oscar Romero, faisant notamment remarquer que le théologien accorde une place trop importante à l'aspect humain de Jésus, au détriment de son aspect divin.
Le théologien est alors interdit d'enseignement et de publication par l'archevêque de San Salvador, Fernando Saenz Lacalle, membre de l'Opus Dei. " (WIKIPEDIA)
Donc vous retenez : théologie de la révolution ou de la libération sont des mouvements de gauche à l'opposé de l'opus dei.
Mais l''église catholique semble perdre de son pouvoir car ces trente dernières années en Amérique latine, le secteur chrétien qui a le plus crû est le néopentecôtisme.
Celui-ci véhicule le message d’une sortie individuelle - et non collective et solidaire - de la pauvreté.
