Un tribunal de Lille vient d'annuler le mariage de deux personnes de confession musulmane au motif que l'homme a été trompé sur la virginité de son épouse.

Laquelle, a reconnu qu'elle n'était plus vierge au moment du mariage.

En fait le mari s'est basé sur une disposition de la loi française qui évoque "les qualités essentielles" de l'époux. La dissimulation d'un passé criminel, de la démence ou de la prostitution ou une stérilité peuvent donner lieu à une annulation du mariage.

C'est toutefois la première fois que l'absence de virginité est considérée comme "qualité essentielle".

La virginité de sa femme (on ne sait pas si le mari accordait la même exigence pour lui-même) était une qualité essentielle pour le mari et son épouse le savait.

le juge a donc annulé le mariage

Au-delà de cette affaire, on peut se poser l'une ou l'autre question

Si certains hommes attendent d'une femme qu'elle soit vierge pour le mariage au point d'en faire une qualité essentielle, la tradition musulmane veut que l'homme soit expérimenté. Comme la charia condamne l'adultère, la prostitution ou des crimes contre la chasteté, on peut se demander comment il acquiert son expérience.

Certes par le passé la virginité pouvait assurer l'homme que sa descendance était bien de lui, l'état actuel de la science par recherche de l'ADN rend obsolète cette disposition.

On peut également comprendre qu'une femme peut être vierge mais avoir connu des expériences sexuelles autres que vaginales.

Il y a quand même de manière sous-jacente le signe d'un sexisme rétrograde. La sexualité des femmes n'est donc plus une affaire privée et libre en France.

Les hôpitaux français peuvent quant à eux s'attendre à devoir répondre à des reconstitutions d'hymen.

Billet refondu ce 01/06/08

Lire le billet de Caroline Fourest sur Prochoix