Chantal Sebire est cette française de 52 ans, atteinte d'un cancer des sinus qui non seulement déforme son visage de manière horrible, mais la rend aveugle, dans des souffrances qui ne peuvent plus être calmées.

Comme il n'y a pas en France de loi sur l'euthanasie comme en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-bas, et qu'elle ne veut pas se suicider ou être hospitalisée et plongée dans un état comateux bourrée d'antalgiques (une longue agonie sans manger ni boire ), elle a introduit une demande auprès d'un tribunal pour être autorisée à recevoir l'aide d'un médecin pour mourir dans la dignité.

Son cancer n'est pas opérable et la chimiothérapie d'aucun effet, ses enfants sont d'accord avec la décision de leur mère.

Pour elle, c'est elle la seule souffrante et donc à elle de décider.

La ministre de la Justice Rachida Dati s'est fendue d'un communiqué. Pour elle, "la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales. Ce n'est pas notre droit, qui est fondé sur le droit à la vie".

Le premier ministre français, oubliant que 3 pays proches l'ont déjà fait (sans parler du suicide assisté en Suisse), a ajouté :" Il ne faut pas faire penser aux français qu'on pourrait par la loi régler dans le détail cette question, celle de la vie, de la mort".

Voilà un bel exemple de convictions religieuses imposées à toutes et tous. Indignes de valeurs humanistes parmi lesquelles notamment la tolérance, la compassion.

Pour mémoire, les lois belges, luxembourgeoises et néerlandaises encadrent strictement le recours à l'euthanasie : il faut être majeur, conscient ou avoir rédigé une requête anticipée, être atteint d'une affection incurable grave, éprouver des souffrances constantes, insupportables et inapaisables.

En Belgique, 40 personnes profitent chaque mois de cette loi.

Le protocole est strict lui aussi : une injection d'un puissant anesthésique, et si nécessaire un paralysant neuro-musculaire provoquant un décès calme et rapide.

A noter que philosophiquement, si le droit à la vie existe, il doit forcément y avoir un droit à la mort. Les deux sont complémentaires.

Autrement il faut parler d'un devoir de vie, quelles qu'en soient les conditions, niant la personne.