Pendant que certains faisaient peur avec l'arrivée en masse de plombiers polonais, d'autres importaient en toute illégalité des ouvriers polonais, plombiers ou non. (de la même façon qu'on importe des marchandises)

Le trafic était bien rôdé. De la même façon qu'on recrute des jeunes femmes pour enrichir la crapule, des hommes étaient recrutés pour travailler en Italie, dans les Pouilles, avec évidemment à la clé la certitude de jours meilleurs.

Les jours meilleurs, en fait, se résument à une exploitation féroce dans des champs de tomates de 6h du matin à 22h pour 20 euros par jour...à partager en plus.

Parqués dans des baraquements gardés par des hommes en armes, les récalcitrants sont éliminés et brûlés ou battus à mort ou pendus... pour l'exemple.

130 immigrés clandestins polonais disparus en 6 ans dans des camps de travaux forcés.

Il en existent sans doute d'autres car on trouve aussi au pied des tomates, 7000 ouvriers clandestins des Roumains, des Bulgares, des Africains. Mais actuellement, seule la Pologne s'est manifestée auprès des autorités italiennes pour faire cesser cet esclavage.

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Extrait

Marek Pajestka, 45 ans, conserve dans le regard l'effroi du premier jour. C'était en juin 2005 : "Les "caporaux" nous ont emmenés à 4 heures du matin dans un champ d'artichauts où nous avons travaillé pendant six heures, puis dans un champ de tomates pour dix heures encore, sans la moindre pause." Cette cadence quotidienne de 16 heures allait être sa routine pendant deux mois. A 6 euros de l'heure, le jeu en aurait encore valu la chandelle pour ce cariste au chômage, trapu, peu économe de ses efforts. Mais dans le camp d'Orta Nova, que les travailleurs exténués regagnaient vers 22 h 30, il fallait payer pour survivre, rien n'était gratuit. Sauf la violence. Pour dormir dans la baraque, entassé avec 60 autres bagnards, le tarif était de 5 euros par jour. Dans une tente igloo, à même le sol : 3 euros. Le prix de la nourriture (pain, pâtes) et des bougies (il n'y avait pas d'électricité) était défalqué du compte. Le comble ? Les esclaves devaient débourser 1 euro chaque matin pour être transportés dans les champs ! Et malheur à ceux qui tombaient malades : 20 euros d'amende par jour non travaillé. "J'ai perdu tout espoir d'être payé le jour où ils se sont mis à six pour rouer de coups un grand costaud qui réclamait sa paie, explique Marek. Ensuite, ils l'ont traîné en sang à l'extérieur du camp, au bord du chemin. Ils criaient : "Tu as deux heures pour disparaître, sinon on te tue"."

Exemple d'un néo-libéralisme pur et dur.

Parce que, pour que votre boite de tomates ou de concentré de tomates soit la moins chère possible avec le maximum de profit possible dessus, faut bien trouver un truc hein.

Et l'ouvrier à 20 euros par jour, cela émoustille