Journée de la femme
Pierre Kubick mer 8 mar 2006, 21:15 Reflets
C'était donc ce jour la Journée de la femme (à ne pas confondre avec la journée de la diversité biologique qui elle a lieu en décembre)
Quelques réflexions dans la foulée.
1. La ministre de la Justice (avec le Collège des Procureurs généraux) a décrété la tolérance zero pour les violences conjugales.
Je vous avais signalé la sortie d'une définition claire, commune de ce qu'il faut entendre par violence conjugale. Les parquets doivent maintenant appliquer cette définition. Un P.V. devra donc être dressé pour toute infraction.
2. Puisque "le seul et plus grand obstacle à l'égalité des femmes consiste en l'attitude des hommes", il faut bien se dire que l'homme est l'avenir de la femme !
Faudra bien que les hommes sortent de leur indifférence et de leur inertie, comme dit le ministre de l'Intégration sociale.
3. C'est le moment de rappeler que 150 millions de femmes ont subi des mutilations génitales (excision, infibulation). Que ces mutilations ne reposent sur aucun "dogme coranique", qu'elles sont culturelles (et économiques pour les exciseuses) et pratiquées par des femmes sur leurs filles.
Rappeler aussi que pour la bien-pensance, il ne fallait pas se mêler de cela par respect pour leurs croyances. Comme si toutes les croyances avaient la même valeur.
D'ailleurs comment peut-on dire d'un côté que Dieu a créé les êtres humains mais que pour se présenter devant Lui, la femme doit être pure et donc "dénaturée" en subissant l'excision. Est-ce respecter un dieu que de mutiler sa créature ?
4. Combien de femmes mariées de force avec un membre de la même communauté ?
5. Combien de femmes mariées de force, très jeunes, trop jeunes que pour avoir un enfant. Lequel lors de l'accouchement va provoquer une fistule obstétricale . Plus de deux millions de femmes africaines qui en souffrent.
Est-ce bien raisonnable de confier la conduite de communauté à de vieux mâles, célibataires ou polygames, assis sur leurs pouvoirs.

Commentaires
Deux réflexions me viennent à la lecture de votre post, par ailleurs assez dans ma ligne de raisonnement (bien que je ne sois pas athée, votre façon de l'être me convient tout à fait, si seulement toutes les religions, ou tous les religieux, pouvaient être aussi non interventionnistes les uns envers les autres, et envers ceux qui n'en ont pas, de religion ....).
Tout d'abord je suis très étonnée de votre phrase "Comme si toutes les croyances avaient la même valeur.". Qui choisit la hiérarchie ?
Ensuite "le seul et plus grand obstacle à l'égalité des femmes consiste en l'attitude des hommes"... En êtes vous si sûr ? Avez vous noté la virulence des femmes sur le blog de Veuve Tarquine au sujet de la religion, justement ? Je sais qu'on les dit conditionnées par les hommes de leurs convictions, mais n'est ce pas encore une façon de leur dénier le droit d'avoir une opinion ?
Sinon j'aime beaucoup votre nouveau look, si je puis me permettre :)
Je ne suis pas anti-croyant
J'ajoute toutefois une distinction : si je me sens proche d'un croyant humaniste, je ne me sens aucune affinité pour les fanatiques, ni pour les clergés dont je pense que la véritable raison d'être n'est pas de donner un sens existentiel à la vie mais une morale de pouvoir avec assujetissement des fidèles.
Il suffit de voir quand ces clergés sont au pouvoir (Théocratie islamique, Pologne, Israël ) pour se rendre compte dans quel sens ils orientent la société : obligations, interdits, négation de l'égalité des sexes, etc, etc
Il suffit également de constater que malgré +/- 2000 ans d'endoctrinement, il ya toujours des vols, des viols, des meurtres, des guerres, de la souffrance infligée, de la négation ou du mepris de l'Autre, de la vénalité, de la vanité, etc, etc
"Qui choisit la hiérarchie ?"
Dans le cas d'une morale transcendante, ce sont les représentants "officiels" de la référence suprême qui hiérarchisent les valeurs. Un exemple : la volonté vaticane de mettre en avant les valeurs de l'Opus Dei au détriment de celles des théologiens de gauche (ou de la libération en Amérique du Sud).
Dans le cas d'une morale immanente pour les athées, les agnostiques, c'est moins simple.
La réponse est : chaque individu se construit son système de valeurs.
Le plus grand nombre s'aide toutefois de bases solides comme la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme pour se choisir des valeurs qui font sens.
Cette hiérarchie doit être relative à l'humain qui est en la mesure fondamentale
Ce respect de l'autre entraîne de facto la volonté de ne pas lui imposer ses propres convictions, ses propres croyances et donc de le laisser libre de choisir ce qu'il veut faire de sa vie, de son corps.
Je suis donc pour le respect de la liberté d'avorter, de la liberté de mourir dignement, de la liberté de décider de l'intérêt ou non de continuer à vivre, de la liberté d'aimer qui que ce soit (hormis la protection naturelle des enfants) pour autant qu'il n'y ait pas contrainte, de la liberté d'être pute ou pas, de la liberté de se soigner ou pas, ...et que ceux qui ne pensent pas comme cela respectent ma liberté
Mais aussi de la liberté d'expression (sauf exceptions prévues par la Loi), de la liberté de culte (pour autant que chaque culte soit financé par ses "adhérents"), d'associations, de la séparation de l'église et de l'état.
Et donc toutes ces démarches communautariste, racialiste, tribaliste (comme l'écrit JF Kahn) me font peur comme un prélude à un futur grand "clash" démocratique.