Amnesty Belgique s'explique sur sa censure de la planche de Dany. dans le SOIR de ce mardi 7 mars

Pour son directeur Philippe Hensmans, il ne s'agit pas de censure.

On a encore le droit de décider ce qu'on veut ou pas publier. (...)

Et dans un courrier qu'il adresse au Soir, il écrit notamment : "la censure est l'examen qu'un gouvernement fait faire des livres, journaux, dessins, etc avant d'un autoriser l'apparition."

C'est très restrictif, me semble-t-il, comme approche de la censure, même si cette définition est extraite de la "Grande Encyclopédie".

Le mot censure, dans son sens le plus courant, signifie limite à la liberté d’expression.

N'importe quel éditeur peut s'il le désire (ou doit) pratiquer la censure et c'est bien en tant qu'éditeur que P.H. a censuré Dany .

D'ailleurs P.H. confirme qu'il a bien censuré la planche.

"Ce n'est pas qu'elle soit sexy comme l'affirme le dessinateur mais sexiste.

Et cela dans un album consacré aux droits des femmes ?

Notre organisation veut sensibiliser les jeunes à la violence à l'égard des femmes et nous devrions publier une planche où le mari balance un pot de chambre sur la tête de sa femme ? Que certains trouvent cela amusant montre bien le chemin qui reste à parcourir pour lutter contre le sexisme. "

Certes !

Faire preuve de malhonnêteté intellectuelle en extrayant la scène finale de son contexte ne me paraît pas très respectueux, ni du dessinateur, ni des lecteurs.

Bon, résumons donc cette fameuse planche.

Un mariage villageois a une époque et dans un lieu où manifestement la télévision n'a pas encore "mis les pieds".

Les deux mariés sont clairement deux grands nigauds et un invité fait remarquer que si quelqu'un ne les met pas au parfum pour la nuit de noce, ils ne feront pas grand chose.

La mère de la mariée explique donc à sa fille, de manière elliptique ce qui va se passer.

" Et alors ma fille, il va te mettre son truc, là, son ...engin, mais oui, son truc qui lui sert à faire pipi. Au début cela fait un peu mal, mais après on rigole bien, tu vas voir."

Le soir venu, la jeune mariée se déshabille, dévoilant un corps somptueusement bien roulé, et dit à son nigaud alité gentiment en pyjama : " Dis, Alphonse, tu m'fais mal avec ton truc qui t'sert à faire pipi ?"

Et le marié lui répond : "Bon, si tu veux" et balance le pot de chambre sur la tête de la donzelle".

Alors je dis qu'il faut arrêter de déconner.

N'importe quel marié normalement constitué, au vu d'un tel corps, n'aurait eu qu'une envie : de lui sauter dessus. Et il ne s'agit clairement pas d'un contexte de violence conjugale, comme je la dénonce dans un précédent billet.

S'il y a violence faite, c'est plutôt aux hommes que Dany représente comme de parfaits imbéciles.

Et je dois bien dire aussi , puisque nous sommes dans le politiquement correct, aux Alphonse qu'ils ne doivent pas accepter d'être ainsi caricaturés.

Il s'agissait donc d'un cas de censure ordinaire pratiquée par un éditeur. Ce qui est son droit.

Qu'il déforme la réalité pour se justifier est par contre moins plaisant.