Calepin de Pierre

Esprit critique et doute rationnel comme filtre de lecture

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dimanche 19 février 2006

Violence conjugale

Parce qu'une définition commune, claire, précise est impérative pour lutter contre la violence conjugale, les ministres des différents niveaux de pouvoir belges ont adopté un texte qui réjouit les acteurs sociaux.

Les violences dans les relations intimes sont un ensemble de comportements, d'actes, d'attitudes de l'un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et dominer l'autre.

Elles comprennent les agressions verbales, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques, répétées ou amenées à se répéter portant atteinte à l'intégrité de l'autre et même à son intégration socio-professionnelle.

Ces violences affectent non seulement la victime, mais également les autres membres de la famille, parmi lesquels les enfants. Elles constituent une forme de violence intrafamiliale

Il apparaît que dans la grande majorité, les auteurs de ces violences sont des hommes et les victimes, des femmes. Les violences dans les relations intimes sont la manifestation dans la sphère privée, des relations de pouvoir inégal entre les femmes et les hommes encore à l'oeuvre dans notre société.

Le contrôle des allées et venues de sa compagne, un étranglement économique de sa femme, les injures et les menaces, et bien évidemment les coups et sévices sexuels, tombent donc clairement désormais sous le coup de cette définition très officielle de la violence conjugale

Cette définition inclut l'idée qu'un homme qui contrôle la vie de sa compagne, c'est déjà un acte de violence.

Gabriel Ringlet

Moi j'aime bien Gabriel Ringlet.

Prêtre, prorecteur de l'université catholique de Louvain, il a une lecture intéressante de la société.

Déjà il n'hésite pas à affirmer que rien n'est pire que le cléricalisme, surtout s'il est camouflé.

"certaines expressions d'identité forte ne sont en fait qu'une manière de maintenir un pouvoir qui ne veut pas dire son nom.

Il y a beaucoup plus que l'emprisonnement physique : l'emprisonnement moral, spirituel. Quand un système tient en otage la vie intérieure d'une personne.

Ma grande colère est là : la religion doit lutter contre son penchant à la violence symbolique, cette manière de s'imposer, l'air de rien, par des pressions morales, surtout auprès des plus faibles, des plus pauvres, des plus démunis, tous ceux qui sont en manque de repères. Et qu'il faudrait au contraire, conforter dans leur autonomie, rendre plus libres.

L'Islam a été à l'initiative d'un dialogue oecuménique très poussé, aux XIe et XIIe siècles, en Andalousie. Si cela a été possible à une période où les tensions n'étaient pas minces, pourquoi pas au XXIe siècle ?

Chacun a la responsabilité de conforter, à l'intérieur de l'Islam et du monde arabe, les figures d'ouverture et de combat, notamment "les nouveaux penseurs de l'Islam"

Tout est dit

Il est également l'auteur de l'Evangile d'un libre-penseur.

Source : Le SOIR du 17/02/2006

Femfox

Parcourant Standblog comme chaque jour, j'ai été attiré par l'information portant sur la création de Femfox, un site visant à utiliser un contenu glamour pour faire la publicité de Firefox.

Je ne fais pas suffisamment attention au commentaire de Tristan Nitot qui ferme les commentaires pour ce billet.

Le site explique la génèse de cette idée.

Ce projet a été initié par une jeune femme de 31 ans qui est également le mannequin de cette campagne (voir section "Qui sommes-nous"). Sa volonté première était de réaliser une promotion inédite et insolite pour le logiciel Firefox.

L'idée d'utiliser un contenu glamour s'est rapidement imposée car ce type de campagne est inhabituel (sinon décalé) dans le domaine du marketing logiciel ou du produit technologique. En effet, une grande partie de la communication faite autour du logiciel Firefox met exclusivement en avant des spécificités et avantages techniques. Même si ces derniers points sont expliqués simplement à l'audience, ceci peut dérouter ou ne pas attirer un certain nombre de personnes.

D'où l'idée de faire une campagne à visage humain, où l'aspect technologique serait volontairement occulté au profit de l'image. Cette dernière présenterait des scènes de vie focalisées sur des sensations ou des émotions humaines, le tout visant à montrer que le logiciel, avant d'être un produit technologique, peut s'insérer dans la vie quotidienne de tout un chacun.

Je reluque les "épisodes" et bon. Je trouve effectivement la jeune femme très agréable à regarder.

Le lendemain sur Bricablog, je lis ce billet de Tarquine.

Je relève le mot "raccolage" auquel tout un chacun associe quasi automatiquement le mot pute ou prostituée.

Puis l'expression "prostitue des corps"

Je retourne voir les photos en me disant que j'ai dû louper un truc quelque part.

Du tout, c'est une idée de la jeune femme, qui n'est pas mannequin au départ et personne ne l'a obligée à faire ces photos.

C'est aussi l'avis du premier intervenant.

Réponse de la maîtresse des lieux :

D'abord Linux, maintenant Firefox (qui multiplie les effets de manche), vous me permettrez de penser que quand ces deux géants-là emprutent la pute qu'on allonge sur la bagnole pour la faire vendre, c'est toute l'image du logiciel libre qui en pâtit...

Là je commence sérieusement à tiquer devant ce manque total de respect pour la jeune femme des photos.

Et puis, le déclic de ce que cela m'évoque depuis le début vient avec ce commentaire :

On ne parle pas ici d'une femme qui fait le choix de poser dénudée sur une affiche mais de l'image qu'elle véhicule. Du fait que cette publicité participe à dévaluer l'image de la femme, qu'elle est une fois de plus utilisée comme faire-valoir, et ne vous en déplaise, nous sommes nombreuses à ne pas vouloir cautionner ce type d'attitude.

Ce sont pratiquement exactement les mêmes termes que ceux employés par les intégristes religieux pour hurler au scandale contre la publicité revisitant la dernière cène ou les caricatures de Mahomet.

De l'intégrisme féministe qui décide de l'image qu'une femme peut ou pas donner d'elle-même .

Nous sommes là dans la bien-pensance, le politiquement correct féministe.

Donc les femmes ont gagné, dans de rares pays, le droit de disposer de leur corps en matière d'avortement, de contraception mais ne disposeraient pas, pour certaines, de celui de se faire photographier comme elle l'entendent pour une question d'image à préserver.

Je poste donc mes idées sur la question.

C'est scandaleux

a) crient les intégristes religieux : "comment peut-on ainsi avilir l'image de notre dieu"

b) crient, en réponse aux premiers, les démocrates : "Et la liberté d'expression, qu'en fait-on ?"

Une femme caricature l'image de la femme véhiculée par des publicités genre Aubade et l'adapte au logiciel libre (j'aime bien le mot)

C'est scandaleux

a) crient les intégristes féministes : "comment peut-on ainsi avilir l'image que nous nous faisons de nous-même ?"

b) crie, euh ...moi, en réponse aux premières : "Et la liberté d'expression, qu'en fait-on ?"

Caricaturer un prophète, oui ; caricaturer une femme , non.

Et si dieu est une femme ??

Cela me fait penser à ce célèbre tableau de Magritte qui après avoir soigneusement peint une pipe a écrit en dessous : "Ceci n'est pas une pipe".

Il est pour moi de vrais mépris des femmes (liste non exhaustive) :

Celui (mépris ordinaire) qui amène à payer, à travail égal, 25% en moins une femme qu'un homme.

Celui (mépris le plus abject : le déni de l'autre) qui amène, en France, tous les 4 jours, une femme a succomber des suites de violences conjugales infligées par un salopard.

(...)

Et je me fais flinguer, sur le mode agressif

Vous confondez décidément tout et vous faites de dangereux amalgames !

En d'autres mots, vous êtes décidément trop con.

Puis cette réflexion :

Ce qui me met hors de moi c'est l'atteinte en elle-même à la liberté d'expression (...)

Sauf que par rapport à la liberté d'expression de la jeune femme, Tarquine parle de raccolage, de prostitution des corps, de pute.

Autre chose aurait été d'écrire : je ne suis pas d'accord avec cette campagne de pub. Elle heurte mes conceptions personnelles sur l'image de la femme dans la société, mais je reconnais à cette femme le droit d'utiliser son corps comme elle l'entend à partir du moment où elle n'y est pas contrainte.

S'il y a pourtant, malgré le fait que je confonde décidément tout, une chose que j'ai intégrée, c'est ceci :

Ce sont les idées qui sont faites pour être éventuellement attaquées, dénigrées, pas celui ou celle qui les exprime.

Traiter quelqu'un d'idiot ou comme une autre habituée le fait par après à propos d'une intervenante qui n'est pas du même avis : "vos capacités de compréhension sont assez limitées." me laisse donc dubitatif.

C'est pourquoi, je n'abuserai pas plus de l'hospitalité de Tarquine

Vous trouverez également un avis sur ce billet chez Petaramesh