jeudi 16 février 2006
Théocratie italienne (suite)
Pierre Kubick jeu 16 fév 2006, 14:07 En direct de la sacristie
Décidément, il n'est pas facile pour certain pays de comprendre exactement le sens du mot démocratie.
L'Italie semble bien être dans ce cas.
Le Conseil d'Etat italien estime en effet, dans sa décision du 15 février, que les crucifix peuvent rester dans les écoles car ils illustrent "les valeurs civiles qui définissent la laïcité".
On croit rêver non ?
"Comme à tout symbole, on peut attribuer au crucifix diverses significations, parfois contradictoires", a estimé le Conseil d'Etat. "Mais un crucifix exposé dans une salle de classe ne doit pas être considéré comme une décoration ou un objet de culte, mais plutôt comme un symbole pour exprimer le fondement des valeurs civiles qui définissent la laïcité dans les actuelles institutions de l'Etat", a-t-il précisé. Parmi ces "valeurs", le Conseil d'Etat cite "la tolérance, le respect réciproque, la valorisation de la personne, l'affirmation de ses droits, la liberté d'autonomie de sa conscience morale face à l'autorité, la solidarité humaine, le refus des discriminations".
Et le ministre italien de la culture, forcément proche du Vatican, a jugé :
cette décision "éclairée", observant qu'elle expliquait que "le crucifix est un symbole culturel qui a une valeur civique et pas seulement une signification religieuse".
"Même des non croyants, quand ils connaissent et aiment la culture italienne, voient dans le crucifix le symbole de valeurs humaines élevées", a-t-il dit, cité par des agences de presse italiennes.
Un dirigeant socialiste, Enrico Boselli, a en revanche critiqué la décision. Pour lui, l'affirmation selon laquelle les crucifix sont un symbole des valeurs civiques va à l'encontre de la logique.
Effectivement il faut se pincer, y a-t-il plus jésuitique que de considérer qu'un crucifix illustre les valeurs de la la laïcité ?
Allez, l'intolérance a encore de beaux jours devant elle
